Les mystères du chant choral, 2012

LES MYSTÈRES DU CHANT CHORAL ou POURQUOI CHANTER EN « CHOEUR »

Le Choeur des aînés de l’Université Laval fête cette année, en 2015, ses 28 ans d’existence. Cette belle longévité est d’abord et avant tout une histoire de plaisir, vingt-cinq ans de « plaisir choral ». Cette expression colorée vient d’un article, « Les mystères du plaisir choral« , écrit par une des choristes en 2012 pour présenter le concert anniversaire de 25 ans d’existence du Choeur . Chantal Masson-Bourque avait demandé pour l’occasion à ses choristes de lui révéler certains de ces fameux mystères et leurs secrets liés au « plaisir choral ». Voici donc en 20 points le relevé de leurs propos et réponses passionnés, lesquels demeurent très actuels et toujours inspirants pour les choristes de tout âge, en particulier ceux et celles de plus de 50 ans, du plus modeste au plus doué :

  • « Il me faut le rendez-vous hebdomadaire pour oser plonger dans la musique.
  • Le plaisir de chanter abolit l’âge. Le son qui sort est toujours neuf, frais comme du pain qui sort du four, avant de s’évanouir. Jeunesse et magie.
  • Le plaisir choral active ma vitalité dans toutes ses nuances insoupçonnées : “Hé Dieu, je vis !” ( Sur La-fa# si-sol# la-la sol#-la , J. Mauduit, contemporain de Champlain )
  • Le plaisir d’exprimer toutes mes émotions, joie, tristesse, colère, peur, petit ou grand bonheur.
  • En ouvrant mon écoute aux voix des autres, ma voix trouve plus naturellement sa place, la bonne note au bon moment.
  • En maintenant l’activité des muscles inspirateurs dans les exercices respiratoires, ressentir mon espace intérieur, un espace libre pour l’Autre, comme le sein d’une mère, espace de création, espace pour la chanson à chanter.
  • Chanter est une ferveur.
  • C’est une méditation active.
  • On peut s’enrouler dans le son comme dans un firmament.
  • Donner à notre chef des moments musicaux que parfois elle trouve beaux et même dans lesquels elle aimerait être ensevelie après sa mort.
  • Je n’ai pas beaucoup de voix et je ne suis pas très utile à la chorale, mais j’y trouve une communication spéciale qui dépasse les mots et les notes, dans laquelle je me sens bien.
  • La répétition : des bouquets de sensations, et le plaisir de la chasse à la réussite. Une finale réussie, c’est un sourire d’adieu qui intériorise la présence en profondeur. La réussite ensemble, des moments uniques par magie ! Quel PLAISIR !
  • L’exigence du respect des règles de la musique, combinées avec la couleur du temps dans lequel on habite, pour faire plus BEAU. Construire l’avenir sonore demande beaucoup de discipline personnelle et collective. Cela fait partie du plaisir.
  • Le plaisir de rencontrer des personnes avec lesquelles on partage le goût de chanter.
  • La satisfaction de participer à l’exécution d’harmonisations riches, impressionnantes, ce que, seule, je ne pourrai jamais faire. Je contribue à produire de beaux effets sonores collectivement ressentis.
  • L’heureuse sensation de faire quelque-chose de BEAU , de réaliser qu’il y a une part d’art en moi, de prêter voix à l’artiste qui est caché quelque part en moi.
  • L’immense plaisir de mettre dans les sons le sens des pièces, et d’y découvrir de nouveaux sens qui se révèlent au hasard du travail d’interprétation. Vivre la trouvaille artistique.
  • Chaque choriste arrive à la chorale avec son bagage musical petit ou grand. Mis ensemble, cela produit quelque chose de plus grand, qui dépasse tout le monde.
  • Baigner dans l’Harmonie des sons; chercher de beaux accords apaise, apporte sérénité, fait vivre des moments de paix intérieure ou de joie pétillante.
  • L’expérience de l’échange avec un public, de communiquer notre plaisir, de faire plaisir, et peut être même de faire du bien. J’ai plaisir et je fais plaisir ! »

Il faut admettre que ces propos enthousiastes et poétiques, formulés par des membres du choeur eux-mêmes, constituent un appel assez irrésistible pour la relève.